D’une oreille à l’autre – végétales
(silence)
tu demeures dans le flux – tu attends
- le -
son d’une vive étincelle, foyer enclosé,
entouré des mailles tendues de la lourde chaîne
il n’y a de couleurs dans la nuit
que le vif glacier des étoiles roides
dans leur manteau maculé de ténèbres
- et le brouillard tombe – les premiers frimas
dégoulinent sur le monde
mangent ton œuvre
Puis l’étincelle entre les maillons,
s’embrasent les couleurs
s’embrassent les tons
s’unissent les pigments
mangent les frimas -
pulse un cœur de printemps arrivé
sans crier, sans frémir
sous une main cachés
- ta main -
poussent les blés – blonds ou orangés
puis quand les mailles s’étirent et s’effritent,
un œil s’ouvre.
D’une oreille à l’autre – végétales
(battement de cil)
Tu demeures dans le flux
Et tu attends.


