Un peu de SF avec des images qui bougent.

Pour une fois que je vois des films SF pendant qu’ils sont encore à l’écran, voici donc l’occasion d’en parler un peu, d’autant que les deux films en questions font un peu de buzz en ce moment. Il s’agit de World invasion : battle Los Angeles et de L’Agence (the adjustment bureau, basé sur une nouvelle de Philip K. Dick, toujours lui).

Le premier cité est un cas d’école. Ligne de scénar : 1. Action : 100%. Dialogues : minimalistes. World Invasion nous raconte donc une histoire d »invasion alien, filmée façon caméra à l’épaule. Nous suivons un bataillon dont mission est d’aller sauver des civils au cœur de Los Angeles, après le début des combats avec les aliens. Chemin semé d’embûches parce que les aliens, mix entre storm troopers et playmobils, sont pas du genre super conciliants et sont même lourdement armés pour bien le montrer. Dans les faits, nous ne sommes pas très loin de l’inénarrable Skyline, avec Eric Balfour. Ce dernier nous racontait aussi une invasion alien, mais tournait vite en rond, ruiné par son propre procédé de montrer des survivants enfermés dans une tour qui, pendant les trois-quart du film, ne trouvent rien de bien palpitant à faire, hormis se cacher et ne prendre aucune décision qui pourrait faire avancer un peu le scénario. L’avantage de World Invasion par rapport à son prédécesseur tient à peu de choses : le bataillon que l’on suit dans ce film  est lui toujours en mouvement, comme dans un niveau de jeu vidéo de guerre. Ça bouge, ça charcute de l’alien (et de l’humain, soyons honnêtes) à coups de mitrailleuses, de grenades, de flingues en tout genre, mais sans aucun second degré comme dans Starship Troopers. Ici, on est dans le brut de pomme, pas loin du parti pris de certaines scène de Band of Brothers, mais sans jamais s’intéresser vraiment aux personnages. Oh, bien sur, ceux-ci ont un passé, des cicatrices, etc, etc, mais on s’en fiche complètement tant le spectacle du champ de bataille est le principal acteur. Au final, comme on en attendait pas grand-chose de plus, peut-on se révéler déçus ? Si on s’attendait à une oeuvre à la Distric 9, oui. Sinon, non. On a juste affaire à un genre d’histoire dans l’air du temps, dont le point d’orgue (et le chant du cygne ?) risque d’être la très attendue série Falling Skies, produite par Steven Spielberg.

Quant à L’Agence, il nous permet de retrouver Matt Damon et la sublissime Emily Blunt (sans doute la soeur de James, je ne vais pas aller vérifier, je préfère nettement dire une connerie). Tiré d’une nouvelle de Philip K. Dick – monsieur SFCinéma – ce film nous raconte l’histoire d’un sénateur new-yorkais promis à un très brillant avenir mais dont les frasques trop nombreuses ont compromis l’élection. Le soir de sa défaite, il rencontre Élise, une belle jeune femme dont il tombe éperdument amoureux. C’était sans compter sur une sorte de caste bizarre de « guetteurs » (toute ressemblance avec Highlander est fortuite, je vous rassure) qui appartiennent à un non moins étrange Bureau, celui du réajustement. Mazette, le sénateur David Norris va apprendre à les connaître. En raison d’une erreur de synchronisation d’un agent du bureau, il va comprendre que la réalité n’est pas celle qu’il croit, et que notre monde suit un plan déterminé par un Grand Patron. Et le Grand Patron a décidé que sa romance avec la belle Élise était impossible. En conséquence, le bureau va tout faire pour les séparer…

L’idée de base est plutôt séduisante, comme souvent quand elle exploite une nouvelle de Dick. On reste cependant dans son thème chéri de l’altération du réel, le glissement de celui-ci ( voir par exemple Le Temps désarticulé, un des meilleurs romands de l’auteur sur le sujet). Mais, même si les performances de nos deux acteurs sont très louables et relativement convaincantes, on reste vraiment sur notre faim. Au lieu d’exploiter l’idée, les scénaristes ont choisi de se focaliser sur l’histoire d’amour. On y trouve un je-ne-sais-quoi de L’effet papillon, sans doute en raison de cet amour contrarié par le destin. Ce n’est pas dramatique : j’avoue avoir toujours eu un faible pour les histoires d’amour impossibles. Celle-ci m’a procuré quelques bons moments. Malheureusement, tout cela reste bien faible comme point positif et, bien que l’on ne s’ennuie pas, on peut estimer avoir un peu perdu son temps, notamment en raison d’une fin idiote, sans surprises, sans imagination. En outre, le système des « portes » m’a désagréablement rappelé The Lost room, même si la thématique s’en éloigne très vite évidemment. L’Agence n’est donc rien d’autre qu’une romance sur fond SF, agréable à regarder, mais pas impérissable…

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À propos de Thomas Geha


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