à St-Maur des Fossés, le livre n’est pas mort !

Oui, le titre de mon billet peut paraître facile ; mais quand on est auteur et que l’on débarque à St-Maur des Fossés pour le salon du livre de poche organisé par la Griffe Noire, plusieurs choses s’imposent d’emblée : il y a des couleurs, de la vie, de l’envie, une proximité telle que l’on croit aussitôt se mêler à une formidable kermesse – car l’ambiance générale me rappelle vraiment l’ambiance des inoubliables kermesses de ma jeunesse où l’on buvait, sous le soleil de mai, de l’orangina dans les fameuses bouteilles en verre au cul arrondi, les pêche-à-la-ligne, les casse-boîte, les tombolas, ce vent de liberté et de joie qui nous emportait tous dans une gaieté générale. Le parfum d’inoubliable d’une fête de famille (celle des amoureux de livre), voilà ce que je garde de ce nouveau passage à St-Maur des Fossés. J’en suis d’autant plus marqué que, revenant d’Étonnants Voyageurs, les différences m’ont profondément sauté aux yeux. Sans vouloir offenser les Étonnants Voyageurs, l’organisation est tout de même largement en la faveur de St-Maur en poche : ici, on parle d’entrée gratuite, de familles qui déambulent, joyeuses et en nombre, dans des allées décorées et vivantes où les livres ne sont pas que de simples produits étalés sur une table, où le speaker ne fait pas ses annonces sur une tonalité dépressive. A Saint-Maur, le festival vit à l’intérieur, en plein coeur du salon du livre, et pas à l’extérieur comme à St-Malo où le livre est laissé à un certain abandon, sans aucune animation de la part des organisateurs. J’ai pensé, je l’avoue, que dans la cité des flibustiers, la bulle du livre est presque accessoire. Peut-être la différence est-elle aussi flagrante parce que St-Maur en poche est organisé par un libraire passionné qui met au coeur de sa réflexion le livre et sa promotion, sa popularisation. Il y a encore des gardiens du temple qui y croient, au livre, qui se battent pour sa survie, pour sa diffusion au plus grand nombre. A St-Maur, on voit et on parle aux organisateurs, on ne les regarde pas juste défiler en grande pompe avec les officiels. Il y a un regard et une chaleur différents. Il y a les gens, les auteurs, qui se parlent, le regard pétillant, le verbe facile, parce que tout est fait pour que cette rencontre entre les deux entités soit non seulement possible mais bien réelle.  Pour tout cela, je tiens à remercier la Griffe Noire. Un accueil tel que le leur, ce n’est pas tout les jours que l’on voit ça.

Qu’ai-je donc fait à St-Maur, hormis m’ébahir sur l’organisation ? Eh bien, je n’y suis allé que le dimanche, donc j’ai eu l’impression que tout s’est déroulé très rapidement. Levé trop tôt, j’ai pris le train avec le boss de Critic, Eric, et nous sommes arrivés à St-Maur, après métro/RER, vers 11h et des brouettes. Comme je le disais, je me suis aussitôt retrouvé dans cet esprit kermesse et me suis installé à ma table de dédicace aux côtés de la toujours très geek (oui c’est un compliment pour ceux qui en douteraient) Mélanie Fazi et le très sympa Norbert Merjagnan ; j’ai fait quelques rencontres formidables, signé un sabre de sang pour un garçon de le prénom est… Elric (eh oui!). J’ai eu l’impression que ça passait très vite. Puis nous sommes allés manger dans un resto sympa, le Terminus, et, une fois cela fait, avons attendu pour participer à un café littéraire (installé dans le salon de livre, je me répète) avec la Team Critic : David S. Khara, Fred Rapilly, et Eric Marcelin. Le café, animé par Gérard Collard, a été plutôt chouette, est revenu sur le succès fulgurant du Projet Bleiberg et des éditions Critic, et a généré quelques ventes après-coup. Bon, je n’ai pas dit grand-chose, j’ai laissé parler les grands. Mais ça ne m’a pas empêché de signer quelques nouveaux exemplaires du Sabre de Sang, bien aidé par une Jeanne A. Debats venue à mon chevet. Et, pour finir la journée, Max, le dynamique libraire SF de la Griffe, nous a fait visiter son antre consacrée aux genres de l’imaginaire. La classe. Il nous a conduits, ensuite, vers la librairie généraliste qui, elle aussi, est impressionnante, pleine des couleurs des commentaires posés un peu partout sur les livres. Au passage, merci aussi à Jérôme, le deuxième libraire de l’imaginaire de la Griffe, qui a toujours des mots sympas quand on le rencontre, toujours aux petits soins.

Y’a même Laurent Whale qui a réussi à se lever et à venir nous faire un coucou !

Vers 17h30, visite terminée, nous avons pris un taxi pour Montparnasse et avons sauté dans le train.

Bref, le festival St-Maur en poche n’a pas, comme d’autres, la folie des grandeurs ; mais il a par contre la folie des lecteurs. Et ça c’est génial.

Je vous laisse avec quelques photos dues aux shoots de la talentueuse Sandra Guillo !

Davis S. Khara, moi, Fred Rapilly, Eric, Gérard Collard

ce qui m'attendait sur mon stand...

Moi, Fred Rapilly et Eric

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À propos de Thomas Geha


7 responses to “à St-Maur des Fossés, le livre n’est pas mort !

  • Lorhkan

    Ça m’a tout l’air d’être un festival très sympa ! C’est souvent dans les « petits » événements qu’on se sent le mieux, là ou la grosse machinerie n’a pas écrasé l’aspect humain…
    Du coup, il n’est peut être pas si simple de directement comparer Saint Malo et Saint Maur (remarque, je ne connais pas la fréquentation de ce dernier, donc peut être que je me plante totalement !)…

    En tout cas, je vois que le speaker dépressif d’Etonnants Voyageurs n’a pas marqué que moi ! ^^

    • tomgeha

      C’est effectivement difficile de comparer les deux… St-Malo s’est très bien passé, c’est un beau festival, l’ambiance était très bonne, les ventes au rendez-vous, les rencontres excellentes ; je le dis et le répète, je ne reproche qu’une chose à EV, c’est son manque d’accessibilité au quidam, en raison d’un prix d’entrée exorbitant.

  • tomgeha

    Tiens, et j’ai oublié un truc très fun, qui montre parfaitement ce qu’est l’esprit St-Maur en poche : TOUS les auteurs devaient choisir, avant le salon, leur coup de coeur personnel (en poche of course) et étaient chargés de le conseiller à leur table en même temps que leurs propres livres. J’avais choisi « Une Porte du l’été » de Robert Heinlein. Résultat, j’en ai vendu trois ou quatre. Et plus fort encore, j’ai vu nombre de lecteurs conseiller des bouquins aux auteurs, et ceux-ci courir les acheter, des auteurs conseiller d’autres auteurs, des auteurs emmener des lecteurs vers des auteurs qu’ils aiment, etc, favorisant l’échange. C’était assez formidable de voir ça.

  • debats

    sans point le A gregneugneu !
    ^^
    bon tues bien rentré et quant à moi j’ai quelques photos des 4 mousquetaires, ej vais faire un article aussi 🙂
    bises

  • Oph

    Bref, vous vous en êtes sortis comme des as.
    Des as à Saint-Maur…

    *sort*

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