L’univers des Tiges.

Sorte de fan-art des Chiffonneurs (on sent le fan de Chanur aussi) par l'incroyable Alain Catherin. J'aimerais vraiment qu'il fasse la couverture du prochain.

J’avais oublié de signaler  que j’étais en interview sur le blog de Jeanne-A Debats à propos des Tiges, nouvelle parue dans l’anthologie Destination Univers (Griffe d’Encre). Voilà l’oubli réparé. La nouvelle est plutôt bien reçue jusqu’à présent, tant mieux, parce que je compte à plus ou moins long terme développer cet univers, comme je l’avais prévu dès le départ. Pour ceux que cela intéresse, il y a une seule chose à savoir sur cet univers : il décrit deux univers superposés, un fun, un pas fun, dont la figure de proue semble être le personnage d’Antoine Cinerna. Il fait d’ailleurs le lien entre Les Tiges et La guerre des chiffonneurs, mon roman paru chez Rivière Blanche (bien accueilli lui aussi par les amateurs de SFF (Science-Fiction Fun). Le cycle devrait continuer avec une nouvelle (toujours en cours d’écriture – j’y reviens quand j’en ai le temps -, Embrasse-moi, Zlata, qui semble se présenter comme une… fanfic de Zora la rousse (!), dont je vous donne un extrait (premier jet, parce que tout ça risque de changer en cours de route) :

— Branko ? Que fais-tu perché là-haut ?
    Assis sur un impressionnant mur d’enceinte aux pierres branlantes, les pieds se balançant dans le vide, Branko sursaute à ce soudain appel. Il reconnaît aussitôt la voix de Zlata et la cherche des yeux. Il la surplombe. Elle est vêtue d’une belle robe blanche, ressemble à une danseuse ; un foulard noue ses longs cheveux clairs, bien lavés, et surtout très doux, imagine Branko. Au bras, elle porte un panier rempli de pommes. L’estomac du garçon gargouille. Il n’a pas mangé depuis… la veille.
    — Tu me donnerais un fruit, Zlata ?
    Un moment, l’adolescent n’entend plus que le bruit des grillons, quelques froissements dans les taillis ébouriffés qui ont poussé dans le jardin du maire. Quelques secondes, il craint que ces bruits ne soient dus à la présence de Begovic et Dordevic. Mais les deux gendarmes ne sont pas là, il le sait. Une heure plus tôt, il les a aperçus fouinant au marché, près des étals encombrés de poissons fraîchement pêchés.
    — Attrape ! crie Zlata.
    Branko réceptionne, des deux mains, une grosse pomme à la texture âpre. D’un geste sûr, il y croque à pleines dents. La fille du maire le regarde, un demi-sourire figé sur les lèvres. Puis elle se remet en marche, se dirige vers le porche d’entrée.
    — Zlata, attends ! hurle Branko, les mains en porte-voix.
    Elle se retourne ; le panier glisse le long de son bras, jusqu’au poignet, mais elle le rattrape au dernier moment.
    — Oui, Branko ?
    — Merci pour la pomme, Zlata.
    La fille sourit et pointe un doigt accusateur vers le jeune Uscoque.
    — Tu ne devrais pas traîner ici ! Si mon père t’aperçoit, il sifflera Begovic et Dordevic.
    — J’ai pas peur d’eux !
    Branko fait jouer ses muscles nus. Zlata, une main devant la bouche, se met à ricaner ; si bien que le garçon croise ses bras bronzés, un peu vexé. Ses sourcils se froncent, sa bouche se pince, ses jambes se collent contre les pierres effritées du mur.
    — Allons, sois raisonnable, dit-elle enfin. Je ne veux pas que tu sois jeté en prison. Tous les Uscoques sont recherchés, et je sais que tu es un ami de Zora.
    — Tu es très jolie, tu sais, Zlata, lâche soudain Branko.

Oui, il s’agit bien de space-opera ! La nouvelle est complexe à écrire, parce que je réfléchis beaucoup sur la façon de gérer le récit (j’ai notamment la question juridique à régler : ai-je le droit de reprendre les personnages de Zora la rousse dans une fiction ? Je m’y penche… mais j’ai une solution de repli éventuelle.

Toujours est-il que, tant que je suis à parler de cet univers, le prochain roman du cycle sera une nouvelle fois dans le pan d’univers de Marcus Mardel, s’intitulera Ta gueule, l’univers ! et mettra en scène, comme personnage principal, Alsha, l’ancienne prostituée. De temps en temps, je bosse déjà sur les grandes lignes, tout comme je l’avais fait pour La guerre des chiffonneurs, en me faisant des pitchs et quelques scènes de base. Par exemple, pour La guerre des chiffonneurs, ça donnait ça :

Marcus Mardel.

Héros du roman. Veut se venger des Caraps. Et d’un Caparp en particulier : Tali Ader Komù.

Pourquoi veut-il se venger ? Sa fille est morte ; tuée par Tali. Lui-même a été laissé pour mort dans un désert de la planète Tanope.
Récupéré avant de mourir par Raugri.
Tali le Caraps est son ancien associé. Ensemble, ils ont pillé de nombreux villages, de nombreuses planètes. Mais Marcus a opéré un changement, après avoir rencontré sa femme, et a voulu tout arrêter. Ça n’a pas été du goût de Tali qui, selon les rites de son clan, a pris cela comme une trahison. Ainsi, il a décidé de se débarrasser de Marcus.

Évidemment, le portrait de Marcus n’est plus vraiment le même dans le roman.

La Terre, contexte.

La Terre n’existe plus ; elle est ravagée par la radioactivité. Plus personne ne s’y rend.
Les Systèmes solaires colonisés avant la Grande Guerre continuent plus ou moins d’évoluer mais il y a plein de petits empires, de nouveaux despotes. La technologie s’est perdue dans pas mal de domaines. Personne ne construit plus de nouveaux vaisseaux, hormis Nouvelle Province. Sinon, ce n’est que de la récupération.
Par contre les moteurs Kefrell sont inusables.
Seule Nouvelle Province, une république, possède encore un semblant d’organisation. Leurs techniciens sont les meilleurs, et possèdent le secret du Chromalt, le seul alliage dont les vaisseaux spatiaux sont faits. les planètes dépendantes sont de plus en plus nombreuses. Nouvelle Province organise un système de Protectorat.
La plupart des petits empires essaient de s’entendre avec la puissante Nouvelle Province, qui n’a pas de volonté d’expansion dans l’immédiat.

Le résultat est là aussi complètement différent (oublions Kefrell, on m’aurait demandé Mykerinos), même si quelques éléments ont bien entendu été conservés.

Sur les chiffonneurs :

« imaginez un drap. Maintenant imaginez deux mains qui chiffonnent ce drap à partir d’une extrémité. Que se passe-t-il ? C’est bien simple : le drap se replie sur lui même jusqu’à ce que l’autre extrémité rejoigne la première… Le moteur Djoondo agit de la même manière avec la matière noire de l’univers. D’une manière que nous n’expliquerons pas ici (les manuels sont là pour ça) il gèle cette matière noire, la rend matérielle pour lui, autour de lui, et la replie (ou la chiffonne si vous voulez) sur elle-même. Ainsi, un vaisseau spatial, grâce à ce moteur, parvient à franchir de très longues distances en peu de temps. Son inventeur, Tarik Djondo, malheureusement,fut enterré avec son secret ; d’où la lutte qui s’ensuivit, après l’effondrement de l’empire Terrien. Depuis, le marché noir autour des moteurs Djondo – réputés inusables – a permis l’émergence de pirates en tous genres et de luttes de pouvoir.

Encyclopédie Danek.

qui dit chiffonner dit perte de volume, qui dit perte de volume dit gain de masse volumique, qui dit gain de masse volumique dit accélération gravitationnelle dit courbure de l’espace temps dit que les voyages prendront cinq millisecondes pour le vaisseau, peut-être cinquante ans pour un observateur extérieur.

Ici, comme c’est, si je puis dire, le « moteur » du roman, beaucoup de choses sont restées, dont la citation, qui ouvre le roman, avec quelques modifications.

Raugri

Originaire de la planète Tanope. Constellation à définir.

Humanoïde à forme de chat cyclope. Il retrouve Marcus et le sauve.
C’est un être bourru, marqué par la vie, et un des rares survivants de son espèce.
C’est aussi un excellent combattant, d’une souplesse de félin.
Il devient vite l’ami de Marcus, et deviendra son bras droit et la seule personne en qui Marcus a entièrement confiance.

Ah, Raugri ! Je l’aime bien ! En revanche, j’ai oublié d’en faire un cyclope, ce qui n’est pas plus mal, il me semble.

Tali

Frère ennemi de Marcus. C’est un Jadoin. Les Jadoin sont une espèce mutante de l’humanité. Ils ont la particularité de s’adapter parfaitement aux désert. D’ailleurs leur apparence est étonnante. On dirait que leur peau est craquelée, comme une terre trop sèche.
Leur peau est dure, épaisse comme de la pierre. Ils sont difficiles à tuer.
Les Jadoins sont connus comme étant, bien souvent des pirates sanguinaires. Tali ne déroge pas à la règle ; sa réputation est telle qu’il est sans doute le Jadoin le plus craint.
Son navire : L’Étoile du désert est un solide navire, spacieux, qui peut contenir quatre-vingt navettes d’assaut. Son équipage est composé de 200 Jadoins.

Vous aurez noté qu’il y a une certaine différence entre la première ébauche et la deuxième. Le nom du peuple a changé. Le nom du frère de Marcus aussi… et le nom du vaisseau jadoin aussi.

Bon, c’est tout pour aujourd’hui ! Si ce genre d’article vous plaît, dites-le moi, j’essaierai d’en faire d’autres à ce moment-là !

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À propos de Thomas Geha


3 responses to “L’univers des Tiges.

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