quelques news, et bye bye 2012 !

Dieu sait que je ne regretterai pas 2012, qui fut mouvementée, pas toujours, loin s’en faut, dans le bon sens.

En tout cas, 2012 a sonné la fin de ma retraite de libraire, puisque je suis retourné travailler à Critic, Rennes (librairie spécialisée en BD/SF pour ceux qui ne connaissent pas). Changement, donc, à plein de niveaux puisque cela me laisse bien évidemment beaucoup moins de temps pour l’écriture (et l’édition). Je n’ai bien sûr renoncé ni à l’un ni à l’autre. Pour ce qui est de l’écriture, après 2012 marquée par quelques publications (deux nouvelles, Les tiges dans Destination Univers et Chuchoteurs du dragon dans Reines & Dragons, et un recueil, Les Créateurs) qui m’ont valu pas mal de commentaires sympathiques, 2013 devrait être soit très calme, soit bouillonnante. Très calme niveau parutions : une nouvelle, Je serai Joseph, à venir dans le webzine du site Acta Est Fabula, qui me l’a commandée il y a quelques mois (oui, c’est payé), une autre, Ciel bleu d’un hiver à jamais,  dans une anthologie sans titre consacrée au post-apo, éditée par l’association ImaJ’n’ère d’Angers, dans le cadre de son festival annuel consacré aux genres de l’imaginaire. Je serai Joseph est une nouvelle fantastique, qui pourrait plaire à ceux qui ont aimé Copeaux, mon conte de Noël paru dans les Créateurs. Elle en est un peu son inverse, d’ailleurs. Petit extrait :

Je sors de classe après les dix Je vous salue Marie et les cinq Notre Père d’usage. Pas d’étude ce soir. J’enfourche mon vélo Motobécane et rentre chez moi. Ce n’est pas très loin. La descente du Vieux Moulin puis une ligne droite sur quatre cents mètres. Pédaler m’aide à réfléchir. Je suis tellement obsédé par cette histoire, tellement vexé, que j’en ai oublié de m’arrêter Chez Sophie pour acheter du pain et mes pochettes hebdomadaires d’autocollants Panini de la prochaine coupe du monde au Mexique.

Ciel bleu d’un hiver à jamais est un teaser de mon plus vaste projet à ce jour, intitulé [ré]visions apocalyptiques. Le texte réunit plusieurs scénettes, qui forment une nouvelle. Extrait aussi :

Une fois, il y a un an peut-être, nous avons rencontré une femme et son fils. Je ne me souviens plus que du prénom de l’enfant : Marco. À peine plus vieux que Max. Ils n’avaient pas fière allure, plus maigres que des chats rachitiques. Robert les avait nourris, pansé aussi. Quelques jours avant notre rencontre, ils avaient glissé dans un ravin. Marco avait la jambe fracturée, la femme de simples ecchymoses. Autour du feu de camp, elle nous avait raconté leur vie d’errance. Une vie identique la nôtre, la lueur d’espoir en plus. Ils croyaient dur comme fer qu’une ville existait, dans le sud  – ils l’appelaient Conquête – et voyageaient dans cette direction, sans jamais dévier. Robert n’y voyait que mensonge laborieux, un écran de fumée. Il pensait que la femme racontait cette fable à son enfant pour préserver sa foi en l’avenir.

Par ailleurs, 2013 sera plutôt bouillonnante si se confirme  la parution de mon planet-opera  chez Rivière Blanche, Sous l’ombre des étoiles. Il se déroule dans le même univers que Les Tiges et La guerre des chiffonneurs. C’est le seul lien conséquent puisque le roman ne reprend rien des deux textes déjà parus. En outre, le ton est tout à fait différent de La guerre des chiffonneurs. C’est un récit de voyage, plutôt calme, qui s’interroge sur les relations entre espèces, et l’amitié. Comme ce n’est pas non plus un manuel de philosophie, l’aventure et le dépaysement sont là, je vous rassure ! Extrait :

Sous l’effet des premiers rayons du soleil s’éteignent les dernières étoiles ; elles disparaissent, comme effacées de l’univers à la gomme magique. Assis sur le marchepied de son chariot, Kee les admire, une tasse pleine de melté dans une main. La pluie a cessé, laissant l’herbe et la terre gorgées d’eau. Il ne pleut guère par ici, lui a-t-on dit, et le sol se craquèle. Les genêts gouttent, les fleurs, rares, également. Une légère brume les enveloppe d’un manteau cotonneux qui se délite minute après minute. Kee avale une nouvelle gorgée de la boisson chaude ; elle semble le traverser de part en part. Il casse entre ses doigts une de ces galettes de fré, que cuisine si bien Emé-Quan. Le gâteau commence à se rassir mais, trempé dans le melté, il retrouve toute sa saveur si particulière, presqu’épicée.  
Les portes des chariots commencent à s’ouvrir ; à vingt-cinq mètres de lui, Ema-Cé et Ali-Cé jaillissent en s’étirant et se chamaillant, déjà. Une voix fatiguée tonne, celle de Maraté-Esp, qui intime aux filles de se taire. Mais elles rient et se jettent nues vers un gros baquet rempli d’eau de pluie, pour se laver. Beaucoup de membres du clan les ont imitées, la nuit passée, avant de se coucher. Ce n’est pas si fréquent d’avoir de l’eau de pluie en quantité suffisante, Seinbeck peut être avare, à certaines périodes de l’année ; nombreux sont ceux qui ont donc sorti un baquet, des cruches ou de longues outres. L’orage de la veille les a remplis à ras-bord.

Pour ce roman, tout va dépendre du temps que j’ai à disposition pour le finir. Il n’en est pas si loin.

Pour le reste, même si ce n’est pas encore officiel : le fanzine Géante Rouge songe à monter un dossier sur moi. Je fournirai donc une nouvelle inédite. J’ai quelques nouvelles commencées qui ne demandent qu’à être achevées.

Ceux qui s’interrogent sur mon roman de weird-chick lit’, Celle qui voulait avoir trente ans, il n’a toujours pas trouvé preneur. Je ne l’avais soumis qu’à un seul éditeur qui, finalement, au bout de quelques mois, ne l’a pas retenu (ce qui ne m’étonne guère, en fait, ce n’est pas vraiment sa ligne habituelle). Je l’ai donc envoyé à Critic éditions, mon éditeur habituel, soit pour une édition numérique, soit papier. Peu m’importe. J’ai aussi un projet de recueil numérique chez un éditeur de SF bien connu… je m’y attèle dès que j’ai le temps pour le finaliser. Et enfin, je travaille toujours sur mon thriller jeunesse qui, si tout va bien, c’est à dire si je signe enfin, devrait paraître début 2014.

Je pense n’avoir rien oublié… mais il y aura aussi des surprises 😉

Et bien sûr, très bonne année 2013 à tous !

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À propos de Thomas Geha


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