Suites Apocalyptiques (15) Une apocalypse Playmobil (épisode 2)

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Nous reprîmes donc notre marche. Ouvrant le chemin, je ne faisais pourtant que suivre les indications de Fine. Elle seule nous guiderait vers cette lumière, cette nouvelle lumière que nous attendions tous. Cette nouvelle étape qui, peut-être, s’ouvrirait sur un avenir plus rieur, ou alors… Mais peu nous importait.

Les paysages étranges se succédaient. Toujours cette grisure poudreuse, ces drôles de plantes, droites et froides,  en forme de lames, noires ou blanches ; si on s’approchait de trop, elles vibraient et jouaient une note, le plus souvent morose. J’en avais froid dans le dos, et mes camarades aussi.

Nous avons suivi le défilé un certain temps, avec angoisse parfois, car le précipice n’était jamais loin. Les membres brisés, nous avions tous connu cela, Fine et Sergent Major un peu plus que moi, d’ailleurs. La guerre qui nous avait anéantis les avait laissés avec moult stigmates. Je ne saurais dire comment mon corps avait, lui, échappé à cette discrète détérioration.  Pourtant, j’avais connu les éboulis, les tremblements de terre, j’avais été pris dans un raz-de-marée, j’étais resté, seul, pétrifié, sous des orages saisissants…

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Après les défilés, nous nous engageâmes dans une sorte de cavité à l’air libre, que nous avions cherché à contourner, mais en vain. J’avais la nette impression de marcher dans le squelette, ou plutôt dans la colonne vertébrale, d’un immense animal mort. La gorge serrée, sur le qui-vive, nous avancions lentement, cherchant à ne pas se prendre les pieds dans les os en forme de tubulures. Cependant, rien ne vint perturber notre avancée – à croire que le monde, même celui-ci – n’était que mort.

Pourtant, une fluctuation chromatique – elle ne que dura quelques secondes – nous fit comprendre que ce monde-ci avait lui aussi connu la couleur, et que les apparences pouvaient s’avérer trompeuses. Nous n’étions pas dans un corps, mais dans une espèce de tubulure d’origine artificielle, géante, à l’utilité énigmatique. La civilisation qui avait vécu là avait bâti de bien étonnantes choses, dans de bien étonnantes matières ! Fine pensait que nous étions sur la bonne voie. Ceux qu’elle appelait « Les Architechs » ne pouvaient être compris de nous, leurs créations ne pouvaient que nous dépasser.

Plus loin, alors que la fluctuation (J’avais soumis à Fine l’idée que ce monde devenait instable) avait cessé depuis belle lurette, une nouvelle montagne de fer nous attendait. Une fine poudreuse à l’odeur atroce la recouvrait. Pas un d’entre nous n’échappa à une toux allergique. Sergent Major, le plus touché d’entre nous trois, faillit perdre conscience à plusieurs reprises à la suite de convulsions. À la fin de la journée de marche, il décida de s’éloigner de Fine et moi pour quelques heures.

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Bien sûr, nous étions inquiets pour notre ami mais, d’une part, Fine le connaissait bien et elle savait que son éloignement n’était qu’à durée limitée, d’autre part, nous étions si fatigués, si transis et courbatus, que nous cherchâmes un endroit calme, le plus calme possible, pour nous reposer. Nous découvrîmes une oasis où paissaient d’incroyables animaux, d’une gentillesse évidente, que je finis par baptiser Pince-fers. Le surnom parut leur plaire et l’une d’entre elles vint caresser son museau contre mon épaule.

Pendant la demi-douzaine d’heures que nous passâmes là, elles veillèrent sur nous, l’œil tendre, ou plutôt l’œil attendri, comme si elles savaient que notre quête n’avait pas encore connu ses heures sombres, comme si elles devinaient qu’elles allaient arriver bientôt.

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Au petit matin, alors que Sergent Major, ragaillardi, nous avait enfin rejoints, alors que les Pince-fers s’étaient retirées vers une autre oasis, discernable en contrebas, nous fûmes surpris de comprendre que celles-ci nous avaient laissé un cadeau. Oh ! Un cadeau empoisonné parce que, d’après Fine, nous ne pouvions pas contourner la zone qui nous faisait face, sur laquelle les Pince-fers nous alertaient. Ces créatures télépathes nous avaient laissé, à tous, il n’y avait donc aucun doute, la même image mentale :

« ATTENTION ! PRENEZ GARDE !

VOUS ENTREZ DANS LE TERRITOIRE DES ROBOTS FOUS ! »

suite dans l’épisode #3


Les textes comme les images sont (c) Thomas Geha et de ce fait sous l’ignominieux joug de Gargamel. Il est néanmoins autorisé de partager, tant que les sources sont citées.

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(Suites Apocalyptiques est une série de courts textes d’ambiances apocalyptiques publiés sur mon blog, pour le faire (re)vivre un peu, à raison d’un à deux textes par semaine) (Just for fun comme on dit) ; du texte, juste du texte, pas d’image (même si pour les suites Playmobil, j’ai menti, mais François Fillon aussi a menti), pas d’enjolivement, juste ce qui passe par la tête)

 

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