Vihan aux jambes de bois

 

Un peu de lecture, puisque l’on a du temps ? Je vous propose le début d’un prochain roman, toujours en écriture.

VIHAN AUX JAMBES DE BOIS

Le feu et le bois.

« Les braises d’un feu forment autant d’étoiles incandescentes, tu sais, garçon, celles qui parsemaient la voûte céleste avant tout cela, avant la cloche de brume, avant les bras froids et humides, ces écharpes qui descendent parfois de la haut et cherchent à nous étrangler ; un feu, quand on l’observe avec les yeux de l’espoir, les yeux de la vie qui coule en nous malgré le gris et le noir, la souffrance et les pleurs, un feu est un trésor. Les branchettes sèches craquent à nos oreilles, notes abruptes d’un monde désaccordé, rappellent néanmoins que nous avons cette dissonance en notre for, dissonance puissante capable de nous éveiller quand la moindre alerte, à l’entour, nous effraie, nous cause frissons et angoisses tétanisantes. Le feu, source de vie, attise une flamme, ne consume pas notre âme mais la libère d’un joug, d’une oubliette scellée d’un kestell abandonné. Le feu, kamaladoù, est mon ami. Et quand j’admire ces drôles de jambes, vihan, chère petite chose, l’instinct me vient, et mon cœur palpite à cette pensée, de les brûler pour trouver réconfort à mes os glacés. »

Chevalier bouge, de façon infime, sur le rocher où il est assis. Le petit garçon, lui, ouvre grand ses yeux trop clairs pour ce pays de brumes, puis baisse la tête. Il murmure, assez fort pour se faire entendre du voyageur :

« A ta guise, Barzhok, toi qui chantes la gloire du feu, toi qui as rejoint notre cercle pour partager nos flammes et notre nourriture, toi pour qui manier la langue est aussi facile que pratiquer l’épée, approche donc. Chevalier te prêtera son arme et le bois sec de mes jambes tu viendras découper en toute quiétude. Je ne t’empêcherai point, ni ne t’en voudrai pour cet acte, d’emporter une lueur d’espoir avec toi, si la prochaine flammèche à crépiter sur mon bois t’apporte l’espoir et le soulagement du cœur. »

Le voyageur se relève sans joie, le regard intrigué et, pourtant, déterminé. Ses vieilles articulations craquent, sonores, dans le calme étouffant de la nuit. Le mogouez s’est endormi dans sa tanière avec ses laies et ses marcassins. Le bleiz promène sa meute loin de la scène, peut-être en raison du feu dont il craint la morsure ardente, peut-être parce qu’il a déjà dévoré quelque impétueux voyageur, trop sûr de lui, et qu’il n’a plus faim. Rien n’est jamais certain.

Chevalier n’a pas peur des bêtes ; Chevalier ne craint que les hommes. Non pas qu’il évite les combats, personne ne pourrait affirmer cela ; il émane simplement de lui cette douce autant qu’étrange impression qu’aucun homme ne devrait succomber sous les coups de son immense épée.

Le voyageur s’approche de Chevalier à train de limace blessée, mi effrayé, mi prudent. Un trait de brume givré le suit, spectre évanescent qui se délite au fur et à mesure de ses pas lents. Ses pieds bottés fouissent la boue et chacun de ses mouvements provoque un bruit de succion horrible. Pouic.On attendrait presque qu’une laie réponde à cet appel.

Chevalier tire son épée. Le bruit de fer qui râpe le fourreau anime la nuit d’un son agressif et même les arbres dont on ne discerne que les feuillages obscurs, mais pas les frondaisons, et les troncs massifs paraissent un instant se courber de frayeur. Le voyageur, saisi jusqu’aux os, s’arrête subitement à la moitié du chemin qui le sépare de Chevalier ; mais, quand il comprend que l’homme caparaçonné saisit la lame à double tranchant à plein gant et lui tend la poignée, la mécanique de ses jambes se réveille ; alors il continue d’avancer et saisit doucement l’arme du guerrier. Elle pèse si lourd dans sa main âgée sillonnée de rides, elle la glace tant, qu’un moment Chevalier et le garçon pensent qu’il ne parviendra pas à la soulever. Toutefois, le vieillard, sans doute aucun, avait été dans un temps désormais révolu un homme à la force certaine et à l’agilité décelable. Peut-être, parce que ses gestes précis tendaient à le démontrer, avait-il appartenu à une caste de chevaliers lui-même.

Un banni, songea Chevalier qui en connaissait plus sur le sujet que le garçon.

« Je veux m’appeler Vihan, ce n’est pas un mauvais nom », dit celui-ci à l’adresse de Chevalier, qui acquiesce en inclinant la tête.

Le voyageur ne comprend pas, peut-être n’a-t-il même pas écouté les paroles de l’enfant, allongé sur sa couverture de laine. Il se traîne jusqu’à lui puis, tel une ombre malsaine au-dessus du garçon, soulève l’épée et l’abaisse aussi puissamment que possible sur les jambes en bois que ne dissimule pas le tissu lourd du froc récupéré quelques jours plus tôt sur un jeune moine dévoré par un bleiz. Les jambes sont tranchées. Même dans l’obscurité, amoindrie par le feu, le voyageur peut compter les cercles concentriques. Quatorze. Quatorze ans que le garçon vit avec cette étrangeté. Pour la Goueled Breizh autant que pour la Gorre Breizh, habituées à vivre sous l’influence de la sorcellerie, la magie qui s’est emparée de l’enfant n’en reste pas moins édifiante. Depuis longtemps, cependant, le voyageur ne s’étonne plus de rien. S’étonner, c’est mourir. Jauger rapidement puis profiter de son observation, c’est survivre. Voilà la raison pour laquelle il est vieux dans un pays où vieillir devient une anomalie, hormis dans les villages les plus puissants où les tribuns forcent encore le respect et affirment leur autorité. Lui, comme le soupçonne Chevalier, est un banni : un lys caché sous sa longue écharpe de laine lui rougit encore le cou ; mais sa chair brûlée, qui le pique encore parfois, lui rappelle que la vie le tient debout, qu’elle lui demande de se nourrir et de se chauffer, lui ordonne de garder un espoir plus vif que la raison.

Sans un regard pour le garçon, il se baisse et ramasse les jambes, plus lourdes qu’elles n’y paraissent de prime abord, qu’il enfourne dans un solide sac de toile bruni par la salissure et l’humidité. Le garçon n’a pas crié. Pour tout dire, il n’a pas cillé. Son compagnon en armure n’a de son côté pas esquissé le moindre geste.

Poussé par un désir soudain, le voyageur, le barzhok comme l’a surnommé l’enfant – il sait pourtant n’avoir jamais été conteur mais il se sait certainement bien éduqué –, retourne vers le chevalier et lui tend son arme.

« Merci », chuchote-t-il, sans trop savoir pour quelle raison il se sent si redevable envers le guerrier.

« Barzhok, le bois brûlera lentement et te protégera de longues nuits des bleizoù, il se consumera plusieurs années avant que les flammes n’aient raison de lui », interpelle le garçon de sa voix calme qui coule comme un vieux ruisseau.

L’amputation n’a provoqué chez lui aucun cri, aucune douleur ; aucune réaction en réalité.

Une décharge lui secoue le corps entier et, soudain, le vieil homme souhaite plus que tout quitter cette clairière, pour oublier complètement cette rencontre. Sac sur le dos, il laisse sans un autre mot le chevalier et le garçon et s’enfonce dans la forêt où s’étirent de longues traînées de brume. Nul ne saurait plus affirmer, alors, s’il fut songe ou réalité. Nul ne jure plus de rien depuis plusieurs siècles de brume.

Seules les jambes écourtées de l’enfant, fussent-elles de bois, construisent un semblant de vérité, tissent le canevas de la réalité.

Le lendemain, alors que les braises dans l’âtre se sont éteintes tranquillement sous le gant de Chevalier. Les articulations de son armure, aussi lourdes qu’un pont-levis, grincent quand il se remet sur ses pieds.

Peut-être le barzhok aurait-il été surpris, mais Chevalier, lui, ne s’étonne pas que les jambes de Vihan – puisqu’il a choisi ce nom – aient repoussé durant la nuit.

Leur propre feu est alimenté par le bois de ses jambes.

Baies d’if, et pas un visage ne touche.

Chevalier entrevoit les esprits entrelacées dans les brins de fougères brunes, nacrées d’eau ; elles dansent autour de fils de brume. Il s’agenouille dans la terre humide pour mieux observer les mouvements, ouïr les cris de ces hommes, femmes – ou créatures – prisonniers de cette nature blette depuis que son pays s’est retrouvé ainsi réduit à ses contours, saisi dans un étau de grisaille constante, sans soleil – que Chevalier n’a jamais entr’aperçu de sa vie, sinon ce hâle de lumière floue que le penndevezh, que certains plus à l’est nomment mijour, offre généreusement à ses meilleurs moments.

L’homme se relève, faisant craquer les armatures usées de sa brigandine, sa seule richesse, sa seule preuve de noblesse – bien qu’il n’y trouvât plus le moindre intérêt depuis bien longtemps. Et le temps se pare de mouvements, et le mouvement fait se déliter le temps, et l’oubli se meut, se dresse devant les yeux, à la fois mur sans nom, pernicieux, et soulagement d’un cœur qui ne peut se gonfler de joie. Chevalier marche. Il marche droit devant lui, quand un chemin s’annonce, quand un bois se dégage pour laisser naître un obscur sentier, souvent boueux. Les rencontres, rares, n’intéressent pas l’errant. Quelle serait la raison de son errance si un visage se dressait devant lui et qu’il en fût touché ?

Chevalier tourne cette idée dans sa tête, évitant de rechercher une réponse à cette question dans sa coquille vide, quand, au bout d’un raidillon, un kêr lui apparaît. Il distingue une vingtaine d’habitations, verrues purulentes greffées comme sur un nez crochu à un sinistre petit kastell chichement éclairé, du haut de sa seule tour, par dix fanaux rougeoyants.

Sans peur particulière, sans désir, Chevalier descend vers le village. Son ventre lui parle : la faim le ronge. Il ne sait pas depuis combien de temps son estomac sonne ainsi creux. Sur la route, quand sa main aux gestes mécaniques en croise, il ingurgite la plupart du temps des champignons, jaillis des sols grumeleux, de gros cèpes sans goût, gorgés d’eau. Il en grignote la texture sans y prêter attention, il ressent juste la texture grinçant contre ses molaires, il mâche et avale et, sans doute, urine et défèque dans cette même absolue indifférence.

Ombré sous la faible lumière des fanaux, comme s’il était sous la tutelle d’un secret maléfice, le village prend forme moins floue au fur et à mesure de ses pas. Un bruit soudain, métal contre cris, sort Chevalier de sa contemplation. Il s’arrête, s’entend respirer sous le cuir de sa brigandine. D’instinct, son bras descend jusqu’au manche de son épée. Ses jambes s’animent alors d’elles-mêmes tandis que son esprit, pourtant, semble réfuter tout mouvement. Il ne peut rien y faire ; tel le loup qu’il est ou fut, Chevalier court vers le lieu d’où proviennent les sons de lutte. Ses bottes usées fouissent une rivière de boue aboutissant à une ancienne futaie de hêtres que les forestiers, au vu des empilements de troncs recouverts de mousses et d’herbes hautes, luisantes, n’exploitent plus depuis longtemps ; si seulement il existe encore quelques forestiers par ici. Quelques ifs longilignes, enserrés de lierre, et des arbustes de houx aux feuilles brunes gagnent lentement du terrain. L’humidité et la brume s’allient à leur croissance, dirait-on.

Près d’un cairn de vieux rondins envahi de limaces, deux corps de soldats gisent au sol, l’un décapité, l’autre mort la main crispée sur un couteau qui lui a transpercé l’œil. Une jeune femme, cheveux bruns et longs étalés dans une flaque opaque, retient entre elles les plaies d’une éventration : sa vie s’échappera dans quelques secondes et rejoindra les esprits qui enlacent les brins de fougère. Chevalier, sans plus d’intérêt pour la femme au regard suppliant, porte son regard sur la scène qui se déroule au pied d’un if plus haut et large que tous les autres. Deux hommes sans armures surplombent quelqu’un, affalé contre le tronc rugueux ; au départ, Chevalier croit à un enfant mais très vite, au moment où il croise son regard, il comprend qu’il s’agit d’un homme à moitié nu, abougri, pas un nain, au visage osseux et maigre, lunaire. Ses yeux intelligents étincellent d’une haine profonde, cette même haine qui déchire sa bouche baveuse en un rictus sauvage ; un des hommes le force à ingurgiter quelque chose, sortie d’un mouchoir en entonnoir, que Chevalier ne reconnaît pas aussitôt ; puis l’évidence lui saute aux yeux : des baies d’if. Le petit homme cligne un œil tuméfié, un homme se baisse et lui tient la mâchoire ouverte pendant que son acolyte enfourne, l’une après l’autre, une vingtaine de baies dans la gueule du supplicié.

Chevalier, dans un de ces moments d’éternité que son esprit engendre, ne réagit pas. Pas avant qu’une voix faible, enrouée par les baies coincées dans la gorge, ne s’élève :

« …Aide ! »

Le signal, qu’entend et comprend Chevalier, est également saisi par les deux hommes ; ils se retournent, aussi souples que des danseurs de rue, vers l’intrus de la futaie. L’un d’eux tient une lance sommaire, façonnée d’un bâton et d’un silex aboutés, l’autre empoigne fermement une lourde épée, peu maniable, d’un autre temps. Deux charognards, ou deux bannis. Pas plus. Chevalier s’avance doucement vers eux, alors que leurs regards remplis d’assurance se moquent de lui : pour eux, il ne ressemble pas à autre chose qu’un vagabond usé. Il est leur semblable.

« Veux-tu filer un coup d’main pour achever de le villoner ? » demande l’un d’eux.

Chevalier amorce un nouveau pas quand l’homme rajoute :

« Surprendre ainsi le Comte de Kerkrinet nous surprend nous-même, mon frère et moi. Il nous a bannis ! Toi aussi, je suppose ?

– Non. » répond Chevalier de sa voix monotone.

D’une simple enjambée, il rejoint les deux hommes, tire son épée et assène un premier coup sur celui qui a parlé. L’épaule est tranchée net et, avant que son frère n’agisse, Chevalier, d’une main, saisit sa lance et la brise en deux. Sa lame s’extraie de la blessure du premier et vient s’enfoncer d’estoc dans l’abdomen du deuxième avec une rapidité et une dextérité telles que les bannis n’ont jamais pu le retoquer. Chevalier achève le blessé d’épaule en lui broyant la trachée et l’écrase contre le tronc de l’if. Le sang s’écoule comme un trop plein de sève.

Quelques centimètres de plus, et il retombait sur l’abougri, occupé, la main entière dans la bouche, à se faire vomir, sans y parvenir. La peur lui contracte trop l’estomac.

Chevalier récupère son épée dans les entrailles de l’assaillant, essuie la lame ensanglantée dans les herbes hautes d’un bosquet et la range dans son fourreau. Il tourne le dos au comte et commence à s’éloigner de la futaie. Pour lui, son action ne représente rien, aucun visage ne l’a touché, aucun trait n’est parvenu jusqu’à son cœur défaillant, seul son instinct, celui du soldat qu’il fut, lui a donné le ton d’agir. Seulement cela.

Derrière lui, le comte s’acalifourchonne avec difficulté ; ses deux mains patinent dans la gadoue où affleurent les racines vigoureuses de l’if. Il cherche à se relever, glisse, s’affale de tout son long.

« Pitié ! », hurle-t-il. Pitié, chevalier, relevez-moi et emportez-moi au kêr. Je vous donnerai… ce que vous voulez !

Insensible à sa requête, Chevalier continue sa route, remonte vers le sentier, puis se souvient qu’il allait rejoindre le kêr. Il se souvient aussi de sa faim ; elle le tenaille un peu plus à cet instant où son cerveau lui envoie des signaux puissants. Grognant, il rebrousse chemin.

De retour dans la futaie, Chevalier retrouve le corps du comte, étalé dans l’herbe. Il a rampé sur quelques mètres avant de s’évanouir. Les baies de houx n’ont pas été avalées depuis assez longtemps pour avoir provoqué cet état. En revanche, les coups, comme l’aurait fait un pilon, ont concassé la pauvre carcasse de l’abougri. Chevalier s’accroupit près de la victime des deux bannis : le comte respire toujours, mais il a besoin qu’on lui prodigue des soins. Une fois le corpuscule déposé sur son épaule, Chevalier reprend le chemin du village, marche avec méticulosité pour ne pas glisser dans la bouace où surgissent, tels des îlots malingres, des touffes d’herbes hautes, affaissées et dégoulinantes. Le vent siffle légèrement, haut dans les frondaisons.

Les murailles du village sont tombées depuis longtemps, il n’en reste que des vestiges épars, dont une guérite de bois à l’entrée nord, là où deux hommes armés de fauchars aiguisés guettent les arrivées et suivent les départs, peu nombreux. Il semblent endormis sur leurs bâtons coupants, l’œil pendu vers le sol, comme si leur tête, trop lourde, ne leur permettait plus de se porter sans effort. Pourtant, malgré la pénombre perpétuelle, leurs yeux sont plus affûtés que ne le croit Chevalier. Bien vite, ils se redressent, croisent le fauchar contre un torse bombé et attendent que l’intrus se présente devant eux. L’excroissance sur son épaule les intrigue et les tend ou, tout simplement, renforce leurs suspicions.

« Halte, vagabond ! dit l’un d’eux, d’une langue rugueuse. Que nous apportes-tu là ? »

Chevalier s’arrête à deux mètres d’eux, pour garder une distance raisonnable en cas d’attaque soudaine, et répond simplement :

« Votre comte. »

Puis il fait rouler le corps à leurs pieds, pour qu’ils puissent observer à loisir leur maître, toujours hôte des limbes, même si un gémissement soudain prouve que son inconscience n’a rien de trop profonde.

«  Est-ce toi qui l’as ainsi rudoyé ?

Non.

Alors, que s’est-il passé ? Parle, nébulon, ou l’on t’occis sur le champ! »

Chevalier hausse les épaules, pourtant incapable de donner une esquisse de réponse. Les affaires du comte, il n’en a cure, seul son ventre tiraillant donne un sens à ses gestes. Néanmoins, il sait que les hommes de l’abougri ne le laisseront pas en paix s’il ne commet pas une explication honnête.

Des bannis, dans la futaie. Ceux qui accompagnaient le comte : morts. Les bannis : morts. Le comte : empoisonné par les bannis. Appelez vos guérisseurs.

À portée de main sur la guérite, un gardien tire une corde et une cloche sonne à coups vifs. Un signal d’alerte que Chevalier ne sait encore interpréter. Néanmoins, comme ses vis-à-vis, excités par les villageois qui accourent, ne s’intéressent pas à son sort, il finit par se douter qu’il ne sera plus ennuyé et que, désormais, il peut pénétrer dans le kêr en tant qu’invité. Pour que son rôle prenne clarté aux yeux de tous, il récupère au sol le corps du comte et le remonte sur son épaule. Les deux gardiens le laissent agir à sa guise et l’escortent parmi la centaine de personnes groupées désormais autour d’eux.

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À propos de Thomas Geha

Ecrivain / Littératures de l'imaginaire. Voir tous les articles par Thomas Geha

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