C’était 2020.

2020. Année pas comme les autres. Alors qu’elle s’achève demain, j’ai l’envie soudaine d’en parler un peu ici, pour ne pas l’oublier, et pour l’oublier, aussi. Cette phrase peut paraître paradoxale mais il s’avère que 2020 fut une année paradoxale. Pas que pour moi, pour plein de monde, mais dans mon cas personnel elle le fut. 2020, c’est cette foutue COVID, c’est deux confinements. 2020, c’est les masques blancs (enfin, quand il y en eut enfin pour tous) puis les masques comme objets de « mode » car quitte à sortir masqués, sortons beaux ! Moi-même, je me promène désormais avec Batman, un Tardis, ou encore des Storm Troopers sur la bouche. Sympa, non ? 2020 c’est l’année de toutes les violences, surtout sociétales, où l’humain fut mis de côté, toujours plus, pour le profit d’une Sacro Sainte Économie. Si l’on avait encore quelques doutes sur la question : « l’humain est-il au centre des préoccupations de nos sociétés ? » 2020 y aura répondu, à mon sens, par la négative. L’économie est au coeur de nos sociétés, la préservation des richesses de quelques humains est au coeur de nos sociétés. Il n’y a ni égalité, ni liberté, ni fraternité. Les mots sont beaux mais semblent inapplicables. 2020 me laisse un goût amer, comme l’image des beaux jours à jamais enfuis.

Mais passons, je préfère toujours, ici, parler livres. Et de ce côté, j’ai beaucoup à dire. D’abord parce que là aussi 2020 aura été une année charnière unique en son genre. Car si je ne me fais plus d’illusions sur notre société, je n’ai pas renoncé à être un peu plus encore ce que j’ai toujours voulu être. On ne cesse, jour après jour, année après année, de construire sa personnalité, de se donner de la substance. L’évolution de notre propre société, actuellement, me laisse souvent plein de questions qui génèrent de l’incertitude. Personnellement, la première moitié de 2020 a alimenté une profonde lassitude, qui avait déjà commencé à poindre l’année d’avant, sur ce que je faisais de ma vie (et justement, la vie s’est bien chargé ces dernières années de me rappeler à quel point elle pouvait être trop courte), avec cette impression de stagner qui provoquait une grande insatisfaction. J’ai donc quitté mon job de libraire car il m’a semblé que, tel que je devais le pratiquer, j’étais arrivé au bout de ce que je pouvais ou avais envie de faire. J’ai passé de merveilleuses années durant lesquelles j’ai donné bien plus que le maximum, et je n’ai aucun regret. Je me suis donc tourné vers un nouveau projet en économie solidaire et sociale, Argyll, avec Simon Pinel d’abord, à la fois maison d’édition, future librairie, et incubateur de projets. Ce nouveau projet est aussi un nouveau défi qui doit me permettre d’explorer un peu plus les voies qui me paraissent de plus en plus essentielles dans nos métiers du livre : celles du passionnel, du relationnel, de l’entraide, du partage ; maîtres mots qui doivent se placer avant tout autre, et de l’éthique avant de parler business. C’est dit sans démagogie, c’est juste un besoin profond que je ressens, et ce n’est pas nouveau dans ma démarche. J’ai juste, désormais, l’occasion de la mettre encore plus en pratique, avec une marge de manoeuvre plus grande. Donc voilà. Argyll est née. Les premiers titres de la maison d’édition arrivent en mars prochain. On a beaucoup bossé avec Simon, Xavier C., et Frédéric pour parvenir à quelque chose de vraiment unique en son genre, avec notamment un contrat d’auteurice que nous souhaitons un peu meilleur. C’est d’ailleurs toute la relation avec l’auteurice qui est au coeur du projet. N’hésitez pas à aller faire un tour sur le site d’Argyll pour plus de détails.

Histoire de la SF

Maintenant que j’ai évoqué Argyll, je peux aussi parler de mon métier d’auteur. Puisque de ce côté-là, on peut dire que 2020 a su se montrer étrangement généreuse. Le bilan est même excellent avec de nombreuses publications : L’histoire de la SF en BD (Humanoïdes Associés) avec Djibril Morissette-Phan, Sous l’ombre des étoiles (réédition en Hélios), Ana des chemins creux (nouvelle parue dans l’anthologie Le dragon rouge, Goater), RoazhonCop (nouvelle parue dans l’anthologie Rennes No(ir) Futur, éditions Goater). À cela, on peut rajouter les rééditions (non annoncées par l’éditeur jusqu’ici) de l’intégrale Alone et de mon roman de fantasy Des sorciers et des hommes. Les deux étaient épuisés. Je dis réédition plus que réimpression car ces deux livres contiennent ou du texte ou des images (Merci Johan Le Quellec) qui n’étaient pas dans la première version. Pour Alone, par exemple, a été intégrée Guarden, la nouvelle qui clôt définitivement ce cycle.

Prix Imaginales 2020

Je ne peux bien sûr pas oublier un autre événement marquant pour moi : l’obtention du Prix Imaginales de la nouvelle pour mon recueil Chuchoteurs du dragon & autres murmures, paru chez Elenya, un super petit éditeur passionné comme je les aime.

Et l’avenir ? Si Argyll est bien sur les rails, côté écriture c’est bien plus flou. J’ai toujours des textes en attente : Un univers piqueté de rouille, qui doit paraître dans une revue pas encore ressortie de ses cendres. Il s’agit d’une histoire de SF sous forme poétique. J’en ai une autre de ce style toujours en attente chez Goater, qui s’intitule Eleg.I.A. Celle-ci est achevée depuis longtemps mais attend les illustrations qui doivent accompagner le livre. Cela viendra. Pour le reste, je bosse sur une longue nouvelle de SF, intitulée Les trois cloches, et sur un roman de fantasy post apo uchronique, pour Les Moutons Électriques. Côté BD, je cherche actuellement un nouveau projet pour les Humanos. J’espère aussi continuer ma série préhistorique aux éditions Le Carnoplaste. Certains autres projets sont très incertains.

Voilà, je crois avoir fait le tour. J’espère que tout va bien pour vous. Passez un bon réveillon et, surtout, je vous souhaite une année 2021 bien plus vivable que 2020.

Xavier/Thomas

À propos de Thomas Geha

Ecrivain / Littératures de l'imaginaire. Voir tous les articles par Thomas Geha

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