Archives de Catégorie: Poésie

Nature Morte 3

D’une oreille à l’autre – végétales

(silence)

tu demeures dans le flux – tu attends

– le –

son d’une vive étincelle, foyer enclosé,

entouré des mailles tendues de la lourde chaîne

il n’y a de couleurs dans la nuit

que le vif glacier des étoiles roides

dans leur manteau maculé de ténèbres

– et le brouillard tombe – les premiers frimas

dégoulinent sur le monde

mangent ton œuvre

Puis l’étincelle entre les maillons,

s’embrasent les couleurs

s’embrassent les tons

s’unissent les pigments

mangent les frimas –

pulse un cœur de printemps arrivé

sans crier, sans frémir

sous une main cachés

– ta main –

poussent les blés – blonds ou orangés

puis quand les mailles s’étirent et s’effritent,

un œil s’ouvre.

D’une oreille à l’autre – végétales

(battement de cil)

Tu demeures dans le flux

Et tu attends.

 

 

 

 

Publicités

Nature Morte 2

Perds tes feuilles jaunes en un instant, et tu suspends

le temps

Amertume du vert, pousse, pousse, l’océan jaune et le ciel

atonal

Et un jour, moment incertain, de l’autre coté le vent écarte ses plaies

fraises écrasées

et ramasse les feuilles fossiles dans son manteau vert-de-gris

Et tu te penches sur le berceau

Grandit une pousse – lichen

s’enroule autour de ta main vierge, rampant sourd

au monde

Où l’onde se réveille –

Se réveille la vie

Jaune hier – vert demain

vers deux mains en coupe

en offrande

 

Je me tortille en ton creux

petit bourgeon de vie

îlot, sur l’eau, que l’onde berce

Tu souris.


Nature morte.

"que naisse..."Elle marche les yeux aux anges dans un délire profond – de ces nuages qui lui cachent les pupilles – iris des rivières qui poussent dans un regard jaune, plein d’éclat

et je marche sur un soldat sorti de terre sans un soupçon de remords – de ces gardiens de friches inconnues perdues dans nos espérances, soldat de feuilles à moitié fanées

dans son rêve de nature la nature éclot et le vert et le jaune et le rouge et le bleu explosent, dans ses mains naissent les espoirs

alors que mes pieds nus foulent des milliers d’épines vénéneuses, et mon nez respire un pollen empoisonné, mes yeux s’arrêtent sur ses yeux

la terre tremble sous son poids de plume – elle est déesse-oiseau quand elle le veut,

des iris jaunes éclosent dans mes yeux

Mon corps est une tige verte de feuilles longues, humides et dressées et je marche sur un soldat blessé que mes nouvelles élémentaires racines enlacent – la vie.

Elle marche les yeux aux anges dans un délire profond

et je songe à la retrouver

que naisse.