Archives de Tag: Bifrost

L’Arbre, roman imaginaire ?

Voici une chronique de livre que m’a demandé Erwann Perchoc  pour le blog de la revue Bifrost. Il s’agissait de traiter la rentrée littéraire sous un angle un peu particulier, à savoir parler d’un livre qu’on aimerait – pourquoi pas – lire ou écrire. En tout cas, essayer d’imaginer livre particulier ! Les auteurs qui se sont prêté au jeu ont rédigé de somptueuses chroniques, n’hésitez pas à aller y jeter un oeil.

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L’Arbre

Aymeric Philippe – Éditions Petronius le Sage – septembre 2012 (roman inédit – 720 pp. GdF. 27 €)

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« …Si l’on s’intéresse à une vue d’ensemble, le vertige nous emportera avec une force indescriptible. Si nombreuses sont les connexions que nul ne serait en mesure de les dénombrer. Chaque branche mère désigne une lignée, chaque branchette une lignée parallèle ; chaque feuille abrite une famille d’Hommes. Et l’Arbre ne connaît pas l’automne, l’Arbre bourgeonne toujours comme si seul le printemps avait été inventé. » Lire la suite

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Les Créateurs dans le caddie de Bifrost !

Dans le numéro 67 de la revue Bifrost (consacré à George R. R. Martin), vous pourrez trouver, sous la plume d’Hervé Le Roux, une excellente critique de mon recueil, Les Créateurs (paru e février aux éditions Critic). Mieux, il est même dans leur caddie de fin de rubrique ! Merciiiii !

(c) Laurent Guillet. Le recueil contient six nouvelles : La voix de Monsieur Ambrose/ Bris/ Là-Bas/ Sumus Vicinae/ Copeaux/ Dans les jardins.

« reste, on l’aura compris, un recueil de haute tenue, l’illustration quasi idéale des possibilités de la forme courte qui n’interdit en rien, bien au contraire, de présenter des personnages fouillés et des univers riches de détails. » Chronique signée Hervé Le Roux.


Quelques lectures…

un très bon roman !

Je le fais très rarement, parce que je n’ai pas l’âme d’un chroniqueur, plein de blog le font très bien, mais j’ai envie de parler un peu de mes dernières lectures. Je passe sur certaines relectures essentielles, comme Des souris et des hommes et Les Raisins de la Colère de Steinbeck, et m’arrêterai plus sur ma relecture de Rue des boutiques obscures de Patrick Modiano que j’avais lu et adoré étant ado, et que bizarrement, j’avais tout bonnement oublié. Bizarre ? Pas totalement. Il s’agit d’un roman sans réelle matière, sans enjeux distincts, qui se focalise sur une introspection fragmentaire, éclatée, parce que le narrateur, un détective privé, est amnésique et part en quête de son identité, ou de celle d’un autre que lui auquel il finit par s’identifier. Rue des boutiques obscures est un très beau roman, à l’écriture simple, mais à la construction plus complexe qu’il n’y paraît. Il aborde une de mes thématiques préférées (sinon ma préférée), à savoir la quête d’identité, qui sera d’ailleurs au cœur de mon recueil de nouvelles à paraître en début d’année prochaine aux éditions Critic. Je n’avais pas spécialement envie de relire Rue des boutiques obscures, mais je l’ai retrouvé dans ma bibliothèque en la rangeant, l’ai ouvert, et ai lu la première phrase qui dit : « je ne suis rien ». C’était gagné. Et j’ai passé une partie de l’après-midi à le lire plutôt que de continuer mon rangement. Le personnage principal, prisonnier de sa torpeur narrative, est fascinant ; son enquête est menée par petits morceaux, et nous permet de rencontrer d’autres personnages qui ont plus de profondeur que lui (c’est à dire que eux ont une histoire). Le paradoxe, c’est que le détective ne pousse jamais ses interrogatoires très loin, comme si au fond, s’approcher de la vérité, c’est se rapprocher d’un drame qui devrait rester enfoui et que son inconscient lui crie de fuir. Jamais, tout au long du roman, on ne saura quelle est la thématique réelle du roman, bien qu’on devine, par bribes, que le récit évoque la guerre 39/45, et le problème juif. Et de la fin du récit naît une frustration intolérable, celle de ne pas savoir ce qu’est devenu une personne importante pour notre amnésique dont il est sur la trace. Livre superbe sur l’oubli et la mémoire, sur la quête d’identité, Rue des boutiques obscures est sans doute le genre de bouquin que vous oublierez rapidement, sans vraiment l’oublier, pour mieux y revenir. Toujours.  Et je crois qu’il s’agit là d’un véritable tour de force.

Lu aussi le dernier Bifrost spécial Frank Herbert.  Bon, je n’ai jamais été un grand fana de l’auteur de Dune (je préfère ses one-shot comme Les Fabricants d’eden) et j’ai trouvé les deux nouvelles proposées sacrément ridicules pour un auteur de ce calibre. Mais le dossier est bien fichu et intéressant. Côté nouvelles, un Dunyach en grande forme nous balade à Amsterdam, et Eric Brown  nous revient avec un sympathique space’op. Pas inoubliable, mais ça se lit avec certain plaisir, même si les motivations du personnage principal laissent un poil perplexe. J’ai survolé la rubrique critique, qui ne m’apporte pas grand chose en tant que lecteur. Pour le reste c’est toujours un gros plaisir de lire la plume de Roland Lehoucq.

Relu aussi un Simak « mineur », Le dernier cimetière (Denoël, toujours commandable en neuf). Un peu trop bavard et répétitif sur certains points, mais un Simak malgré tout sous-estimé. J’ai bien aimé la réflexion sous-jacente, toujours d’actualité sur notre utilisation de la technologie et de son impact sur notre Terre, devenue un cimetière pour riches. Après Fukushima et autres catastrophes, ce petit livre plus ou moins post-apo, fera tout de même gigoter les méninges sur le thème je vous l’avais bien dit pourtant. Quelques passages du roman sont juste géniaux par leur pertinence.

Sinon, ça commence à être un peu loin pour que j’en parle clairement, mais il faut se jeter sur Destination Ténèbres de F.M Robinson (Denoël Lunes d’Encre), un space-opera superbe comme on aimerait en lire plus. L’atmosphère est parfois suffocante, et on est pris dans le récit dès les premières pages qui retracent le grave accident (c’est le moins qu’on puisse dire) d’un homme, répondant au nom de Moineau, sur une planète éloignée, et qui se réveille sur un vaisseau étonnant, pour se rétablir. Il ne se souvient de rien, et voit d’étranges personnes commencer à graviter autour de lui. Sans compter que le vaisseau recèle bien des mystères. Écriture limpide, personnages fascinants, cadre narratif peut-être classique (le huis clos sur un vaisseau) mais extrêmement bien détaillé et crédible, une intrigue passionnante sur ce qu’est réellement ce vaisseau, on trouve tout ça dans Destination Ténèbres.

Bon, et puis là, comme je ne suis pas vraiment dans une période SF, j’ai entamé un nouveau Modiano, et acheté quelques Kipling que je n’avais pas.


Le sabre de sang… un mois après.

Cela fait désormais presque un mois que le Sabre de Sang 1 & 2 sont sur les tables des libraires. On peut d’ores-et-déjà faire un petit bilan…

Si les chroniques se font plutôt rares, j’ai pourtant la satisfaction d’apprendre que les ventes en librairie se passent bien. Le Sabre tome 1 nouvelle mouture rencontre visiblement un nouveau public quand le Sabre 2, lui,  se vend à la fois à de nouveaux lecteurs et à ceux qui avaient acheté la première version du tome 1. Résultat des courses : le tome 2 est en rupture chez le distributeur (Harmonia Mundi).  Les stocks sont en cours de réapprovisionnement, donc pas de panique pour ceux qui n’ont pas encore franchi le pas ! Cerise sur le gâteau, je commence à recevoir des mails de lecteurs qui ont beaucoup apprécié mon tome 2. Me voilà ravi, vraiment.

Je reviens aussi d’Étonnants Voyageurs, où le Sabre a été plutôt bien accueilli aussi puisque j’ai signé quasi 30 exemplaires, un score plus qu’honorable. Bon festival, d’ailleurs, à la fois en tant qu’auteur qu’éditeur (éditions Ad Astra) malgré une entrée très chère (10 euros, 8 pour les chômeurs, la bonne blague, allez sur le blog de Fabrice Colin pour savoir comment est sans doute réinvesti votre argent, celui des subventions ou celui des « partenaires’) (lire le passage sur l’open bar France 5, indécent, et ce n’est bien évidemment pas la faute à Colin, cela pendant que des familles ne peuvent pas venir sur le salon en raison du prix, et d’ailleurs on ne voit que très peu de familles sur le salon). La pluie a sauvé les apparences : pas de plage, pas de moules en terrasse ni de glace Sanchez possibles… il reste les livres, et le dimanche aura été une journée faste, du coup. On a l’ambition d’être populaire ou pas, EV a choisi son camp. Je vais dimanche à St-Maur des Fossés pour St-Maur en Poche, ce n’est pas la même chanson, DU TOUT. De toute façon « on »  m’avait rétorqué l’an passé sur mon ancien blog que si les gens n’avaient pas d’argent pour venir, il pouvaient rester chez eux. Bref. Je sais que ça grogne encore du côté des éditeurs et des libraires. Néanmoins, le salon aura été excellent, vécu dans une bonne ambiance, avec des rencontres très sympas, et même des retrouvailles. J’y ai retrouvé quelques lecteurs, comme Lorkhan, la dynamique Jennifer, Philippe, Annie, Paméla, Sandra, Valérian, Thibault, Fred, Laurent, etc. Un événement incontournable, même si cette année j’ai trop entendu dans mon entourage : « je n’irai pas, c’est trop cher ». (1)

Revenons plutôt à l’actualité du Sabre de Sang. Je serai demain, samedi 18, en dédicace au Forum du Livre de Rennes (3 quai Lamartine). Dimanche à St-Maur des Fossés pour le festival St-Maur en poche organisé par l’excellent librairie La Griffe Noire.

Je vous laisse avec une nouvelle chronique du Sabre de Sang, pas écrite celle-ci, mais sous forme de podcast. Elle est signée Philippe Boulier, collaborateur de la revue Bifrost. Le podcast s’appelle « La Bibliothèque Orbitale ». Je ne connaissais pas. J’ai écouté tous les épisodes hier soir et j’ai découvert deux ou trois trucs bien chouettes.

Philippe Boulier chronique le Sabre de Sang !

Et puis, si vous avez lu le Sabre de Sang, n’hésitez pas à laisser un commentaire ici, ça ferait vivre  un plus le blog  !

Bon weekend à tous !

(1) je prends le risque d’être une nouvelle fois incendié, mais tant pis, ce genre de choses, je ne peux m’empêcher de penser qu’il faut les dire.