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Une île et quart sous la lune rouge.

une ile et quart

Une île et quart sous la lune rouge / novella en cours. (Reproduction interdite sans l’accord de l’auteur)

Mais aujourd’hui, malgré la nuit qui tombe doucement, calme, chaude, elle ressent ce besoin viscéral de revoir les pierres, un peu comme si son avenir en dépendait. Elle entend les murmures, lointains et tenaces, qui s’agrippent à sa peau, à son esprit. Ils fourmillent, se multiplient.

C’est un soir d’été comme tant d’autres. La lune se lève, timide et pâle, dans un ciel vide de nuages. Ariane court entre les fougères et les genêts à balais, dont les gousses tintent à son passage comme autant de serpents à sonnette ; sa foulée nue effleure à peine l’herbe rêche et moussue ; elle ne sent ni les échardes qui se fichent sous la plante des pieds, qu’elle ne chausse plus guère au grand désespoir de sa grand-mère, ni la piqûre des cailloux aux arêtes pointues. Son cœur bat la chamade, ses veines se gonflent de l’effort fourni. Sans hésiter, elle traverse le labyrinthique village. A cette heure, les insulaires se cachent derrière leurs hautes enceintes de pierre, ou de longues haies de sapins, qui les rendent invisibles aux yeux de tous. Les habitants de l’île aiment par-dessus tout rester dissimulés, comme s’ils gardaient chez eux les plus grands secrets de l’univers. Ariane a toujours pensé que ce sont ces haies et ces murs qui façonnent les passages et les chemins tortueux du village. Étroits et étouffés, ils combattent pour un maigre espace. Un jour, ils perdront, et chaque maison deviendra sa propre île.

Ariane s’arrête une vingtaine de minutes plus tard, à bout de souffle, alors qu’elle a retrouvé les espaces sauvages, les mains sur les hanches. Bouche ouverte, elle aspire une longue goulée d’air frais. La fatigue n’a toutefois plus aucune importance : les Deux Roches se dressent non loin d’elle. La lune a déjà retrouvé son lustre et brille de mille feux blancs et projette sa lumière sur les pierres. Dans l’obscurité qui s’installe toujours plus, les deux sentinelles se dressent encore plus haut, démesurées, fières. Fières qu’Ariane les rejoigne.


dédicace de Noël

Petit post très très bref :

Je serai en dédicace à la librairie Critic, Rennes, vendredi prochain (Le 21, jour de l’apocalypse) de 16h à 19h, pour ceux qui voudraient offrir mes bouquins à Noël. Venez nombreux !

Librairie Critic

19 rue Hoche

35000 Rennes

librairie.critic@gmail.com

Vous pouvez aussi commander via le site internet de la librairie, je signerai volontiers vos livres.

Bonnes fêtes de fin d’année à tous !

Thomas


De Brocéliande en Utopiales

Les deux premiers weekends de novembre s’annonçaient chargés puisque pour le premier j’étais au salon Imaginaires de Brocéliande et pour le deuxième, même si je n’étais présent que le vendredi, il y avait les Utopiales de Nantes. Malade et n’ayant pas beaucoup de temps en ce moment (et peu d’envie de bloguer, je l’admets), ce billet sera bref. Lire la suite


L’Arbre, roman imaginaire ?

Voici une chronique de livre que m’a demandé Erwann Perchoc  pour le blog de la revue Bifrost. Il s’agissait de traiter la rentrée littéraire sous un angle un peu particulier, à savoir parler d’un livre qu’on aimerait – pourquoi pas – lire ou écrire. En tout cas, essayer d’imaginer livre particulier ! Les auteurs qui se sont prêté au jeu ont rédigé de somptueuses chroniques, n’hésitez pas à aller y jeter un oeil.

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L’Arbre

Aymeric Philippe – Éditions Petronius le Sage – septembre 2012 (roman inédit – 720 pp. GdF. 27 €)

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« …Si l’on s’intéresse à une vue d’ensemble, le vertige nous emportera avec une force indescriptible. Si nombreuses sont les connexions que nul ne serait en mesure de les dénombrer. Chaque branche mère désigne une lignée, chaque branchette une lignée parallèle ; chaque feuille abrite une famille d’Hommes. Et l’Arbre ne connaît pas l’automne, l’Arbre bourgeonne toujours comme si seul le printemps avait été inventé. » Lire la suite