Sondage : votre roman préféré :-D

 


Suites Apocalyptiques (9)

15h, une journée de printemps, un ciel bleu et une brise légère. Une jeune fille et sa mère plantent une graine dans un champ, à l’ombre d’un beau rocher poli par le temps.

15h, une journée de printemps, l’air est froid, les gouttes d’une pluie fine roulent dans l’herbe haute. Un jeune arbre, aux petites feuilles vertes, au tronc maigre mais à la sève vive, tente un passage en force vers la vie.

15h, une journée de printemps, il fait encore beau temps, sans vent, mais le cœur de la jeune fille, plus une jeune fille, ne bat pas bien fort. Elle soupire sur une branche.

15h, une journée de printemps, au-dessus d’un ciel plombé, dans un silence gris, l’arbre toussote, et ses branches rabougries tombent et s’assèchent ; sans fruits, la vie le fuit.

15h, une journée de printemps, les nuages noirs se font plus rares. Un oiseau a chanté. Et à l’ombre de son rocher, l’arbre a frémi.

15h, une journée de printemps qui ressemble déjà à l’été. L’herbe rase, jaunie et étouffée, tente d’aspirer l’eau rare qui coule sous le rocher. Les racines de l’arbre, vivaces sous la terre, ont trouvé le chemin de l’oasis et s’y abreuvent.

15h, une journée de printemps, la chaleur tempérée, la pluviométrie modérée, et la nature foisonne. Une belle rivière coule désormais au milieu du champ. L’arbre a bien grandi, ses larges branches, ses longues feuilles fortes, respirent le nouveau monde. Ses entrelacs noués, déjà vieux, cachent le nid d’un gros oiseau et de sa famille.

15h, une journée de printemps, paresseuse en soleil, orgueilleuse en vent. Une hutte a poussé près de la rivière, une petite fille en sort en riant. Elle se précipite vers le grand arbre que sa famille vénère. Elle s’agenouille et bat des ailes. Puis elle repart en s’envolant.

15h, une journée de printemps, le feu, le grand feu, crépite sauvagement dans la prairie. Le ciel reflète l’incendie. L’air n’est que fournaise. Les flammes encerclent l’arbre dont les branches crient.

15h, une journée de printemps. Le ciel est bleu mais la terre est grise. Une petite fille survole la prairie et se pose sur le gros rocher poli par le temps. Elle contemple, en larmes, l’architecture calcinée de son arbre sacré. Elle s’essuie les yeux, déblaie du pied une couche de cendres, puis creuse un trou. Il est 15h, c’est une journée de printemps. Une petite fille en pleurs sème une graine et s’envole lentement vers d’autres horizons.

___________________

(Suites Apocalyptiques est une série de courts textes d’ambiances apocalyptiques publiés sur mon blog, pour le faire (re)vivre un peu, à raison d’un à deux textes par semaine) (Just for fun comme on dit) ; du texte, juste du texte, pas d’image, pas d’enjolivement, juste ce qui passe par la tête)

Si vous souhaitez recevoir directement par mail mes « Suites Apocalyptiques », c’est possible ! Il suffit de s’inscrire en envoyant un mail à thomasgeha@gmail.com.


Suites Apocalyptiques (8)

Il était une fois un vieil homme perdu sur une route qui sinuait et sinuait et sinuait et ne s’arrêtait jamais, si bien qu’il avançait et avançait et avançait, zigzaguant entre les débris divers – les bris de verre mous, les morceaux de métal tuméfiés, mais qu’importe –, absorbant les rayons d’un soleil devenu trop chaud, il était une fois un vieil homme que la nuit ne reconnaissait plus, peut-être parce que la nuit était aveugle dans ce jour incessant, peut-être parce qu’il ne dormait plus sous la fraîcheur des étoiles et le chant apaisant des grillons, peut-être parce que la jeunesse avait fui si vite en réalité – il était une fois un vieil homme, une route aussi longue que des centaines de vies, il était une fois un conte de fer fou qui fait fermer les yeux ; l’obscurité et sa fraîcheur apportent alors aux lèvres un vieux sourire.

Si la route ne connut pas de fin, les souvenirs vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants.

________________

(Suites Apocalyptiques est une série de courts textes d’ambiances apocalyptiques publiés sur mon blog, pour le faire (re)vivre un peu, à raison d’un à deux textes par semaine) (Just for fun comme on dit) ; du texte, juste du texte, pas d’image, pas d’enjolivement, juste ce qui passe par la tête)

Si vous souhaitez recevoir directement par mail mes « Suites Apocalyptiques », c’est possible ! Il suffit de s’inscrire en envoyant un mail à thomasgeha@gmail.com.


Suites Apocalyptiques (7)

Les escargots murmurent vers la pluie qui vient, les grandes cornes sondent et tâtonnent les astres, les petits tentacules tactiles fouissent la terre trop sèche ; ils explorent l’avenir dans les éclats de pierre, les morceaux de tiges pourrissantes, ou les fragments indéterminés d’insectes désagrégés.
Leur hélicoïdale hypnotise le temps qui s’écoule.
Reins. Cœurs. Foies. Poumons.
Le silence d’une procession, une lente réunion, coquilles contre coquilles, coquilles sur coquilles.
Reins. Cœurs. Foies. Poumons. La vie, protégée.
Les escargots parlent à la pluie,
ploc.
L’eau. Les grandes cornes s’étirent et pressent les nuages gris,
ploc.
Les petites cornes vibrent, sentent ce qui gronde, ce qui sourd.
Ploc, ploc, ploc, ploc.
L’averse, l’eau soudaine, torrentielle, froide, les escargots hurlent, joie immobile et imbriquée ; tumulus de coquilles luisantes, plus grosses et plus larges et plus lisses que de gros galets noirs.

Bien plus tard, viendra une autre prière, quand les escargots murmureront encore vers la pluie.
Leur hélicoïdale hypnotisera le temps qui s’écoule.
Leurs petits tentacules fouiront la terre trop sèche.
Leurs grandes cornes étreindront les nuages.
Les petites vibreront peut-être de ce qui gronde, de ce qui sourd.
Si la pluie vient.

_____________________

(Suites Apocalyptiques est une série de courts textes d’ambiances apocalyptiques publiés sur mon blog, pour le faire (re)vivre un peu, à raison d’un à deux textes par semaine) (Just for fun comme on dit) ; du texte, juste du texte, pas d’image, pas d’enjolivement, juste ce qui passe par la tête)

Si vous souhaitez recevoir directement par mail mes « Suites Apocalyptiques », c’est possible ! Il suffit de s’inscrire en envoyant un mail à thomasgeha@gmail.com.


Suites Apocalyptiques (6)

Briseras-tu l’harmonie vicieuse quand le cercle se défera ?
Ôteras-tu de son grain la beauté qui s’impose de mourir ?
Aimeras-tu l’assassin en larmes devant une fleur fanée ?
Noieras-tu de ton obscurité les rayons du jour d’été ?

Se brisera d’être fanée la mort d’été, se noiera l’harmonie imposée, s’aimera l’assassin dans son obscurité, s’ôtera le cercle en larmes de la fleur vicieuse.

Se défera le grain.
Mourront les rayons du jour.
La beauté.

(Suites Apocalyptiques est une série de courts textes d’ambiances apocalyptiques publiés sur mon blog, pour le faire (re)vivre un peu, à raison d’un à deux textes par semaine) (Just for fun comme on dit) ; du texte, juste du texte, pas d’image, pas d’enjolivement, juste ce qui passe par la tête)

Si vous souhaitez recevoir directement par mail mes « Suites Apocalyptiques », c’est possible ! Il suffit de s’inscrire en envoyant un mail à thomasgeha@gmail.com.